Bruno nous a quittés. Je l’avais vu pour la dernière fois en Mai dernier ; malade depuis quelque temps déjà, et tout à fait conscient de la sévérité du mal, il était resté comme nous l’avions toujours connu : pudique, courageux, déterminé.
Je l’avais rencontré pour la première fois durant l’année 1954 alors qu’il était candidat pour entrer à la B-School. Il faisait déjà partie de ceux que l’on remarque et dont on se souvient. Il se dégageait, dès l’abord, et à son égard, un fort sentiment de sympathie.
Aussi, et bien naturellement, il rejoint assez rapidement le petit groupe d’anciens, actifs dans le Club, et fut l’un des principaux responsables du HBS European Alumni Conference qui se tint à Paris en 1972 Tout aussi naturellement il me succéda comme Président.
Il fut un Président actif et chaleureux d’un Club qui était alors en pleine expansion. En effet il sut attirer à lui de nouveaux membres qui l’appréciaient et l’aimaient et qui développèrent d’une manière dynamique les activités du club (déjeuner mensuel, service carrière, prêts aux étudiants etc..) ses successeurs furent ses élèves. On lui trouvait les mêmes qualités d’intelligence, d’organisation, du souci des autres qui lui furent précieuses dans sa vie professionnelle et qui participèrent à une brillante carrière chez Worms.
Il fut aussi un des anciens élèves du « Général », c’est à dire du Professeur G. F. Doriot. A ce titre il devint l’un des animateurs d’EED, ce qui l’amena à maintenir sans l’interrompre une activité de conseil chez un autre ancien de la B-School, notre ami hollandais Bert Twaalfhoven, l’inventeur des HBS European Conferences qui se poursuivirent de 1966 à 1980.
Ecrivant cette petite note je cherche, en même temps, à trouver trois ou quatre adjectifs qui le caractériseraient bien : droiture me vient tout de suite à l’esprit, rigueur, amitié, générosité. J’ajouterais gentillesse si ce mot ne pouvait être pris dans un sens par trop limitatif. Je le maintiens quand même en rappelant que notre « gentil » camarade fut élevé à la dignité de Chevalier de la Légion d’Honneur alors qu’il n’avait guère plus de 25 ans, qu’il était sous-lieutenant dans un régiment de la Légion Etrangère, et que c’était à titre militaire. Alors gentil certes, mais il y a gentil et gentil ; sa gentillesse avait une colonne vertébrale.
Pierre Willaime,
Président du Club (1959 - 1974)
P.S. Je remercie Jean de Demandolx qui succéda à Bruno d’avoir bien voulu lire mon projet et y avoir apporté quelques utiles précisions.